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LIVRE I · LES CARTES INTERDITES

CHAPITRE 57 / 62

L’ordre de retour

Le conseil se tint dans l’atelier, près de la forge centrale. Quatre représentants entouraient une table en basalte. Orsa présidait. Hara avait apporté les relevés des rails; un autre conseiller, un drow aux cheveux gris nommé Jhaer, tenait la tablette de la Maison.

« La convocation est authentique », dit-il. « La Matrone demande que Zaelyra revienne à Menzoberranzan pour répondre de la perte de documents de la Maison et de la fuite de plusieurs sujets. »

Le mot « sujets » fit bouger Rhylor. Zaelyra garda les mains sur la table.

« Les cartes ne sont pas toutes la propriété de la Maison », dit-elle. « Et les personnes dont vous parlez ne lui appartiennent pas. »

« Tu peux contester les termes à la délégation. »

« Je contesterai les faits quand on me les présentera. Je ne retournerai pas pour entendre une accusation qui n’est pas écrite. »

Jhaer posa la tablette. « La Maison peut protéger ceux qui sont rentrés. »

« Elle peut aussi punir ceux qui ne le sont pas. »

« Cela dépend de leur conduite. »

« La mienne dépendra de mes choix. »

Orsa leva une main pour interrompre l’échange. « Nous ne sommes pas un tribunal de Menzoberranzan. Ce conseil décidera seulement si le groupe peut rester et poursuivre sa route. »

Elle demanda à Zaelyra de raconter ce qu’elle avait fait à Veyr. Zaelyra parla de la carte falsifiée, de la fuite des familles et des décisions prises avec Brakka. Elle ne prétendit pas avoir sauvé tout le monde. Elle nomma les personnes dont elle savait qu’elles étaient restées et celles dont elle ignorait le sort.

Jhaer l’interrogea sur Vhaelyn. Elle répondit qu’elle ne savait pas si sa sœur était revenue par choix. Elle montra la note, mais ne la donna pas au conseil. Elle expliqua le signe et lut la phrase.

« Ce signe peut être copié », dit Jhaer.

« Oui. »

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« Alors pourquoi la croire? »

« Je ne la crois pas encore. Je lui ai envoyé une question. »

« Tu as laissé ta sœur derrière toi, et tu ne sais pas si elle veut que tu reviennes. »

« C’est exact. »

Le conseil échangea des regards. Orsa demanda pourquoi Zaelyra ne sollicitait pas leur protection contre la Maison.

« Parce que je ne sais pas ce qu’elle ferait si vous acceptiez. Je ne vous demanderai pas de risquer votre communauté pour une famille que vous ne connaissez pas. »

« Et si la Maison vient ici? »

« Vous déciderez selon vos règles. »

Orsa posa un doigt sur le sceau noir. « Tu comprends que l’émissaire pourrait revenir avec des soldats. »

« Oui. »

« Tu comprends que ton refus met nos routes sous pression. »

« Oui. »

« Alors pourquoi rester? »

« Parce que nous avons besoin de traverser, et parce que nous pouvons vous aider à vérifier les faux passages. Mais si vous nous demandez de partir, nous partirons. »

Jhaer secoua la tête. « Tu crois qu’une carte honnête suffira à empêcher la Maison de te trouver? »

« Non. »

« Alors à quoi sert-elle? »

« À ce que ceux qui nous suivent sachent où ils mettent les pieds. »

L’un des représentants, une naine à barbe courte nommée Velda, posa devant eux une plaque cassée. Elle provenait d’un ancien rail. Une marque de faussaire y avait été frappée à l’envers.

« Nous avons trouvé cela près du passage nord », dit-elle. « Le poinçon est de la même famille que celui des fausses plaques, mais pas le même outil. »

Nym examina les marques. « On a fabriqué les plaques dans plusieurs ateliers. »

« Ou quelqu’un a fait circuler un modèle », dit Hara.

« Peut-on les relier à Bregan D’aerthe? » demanda Jhaer.

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Fin du chapitre 57