Le chef des mercenaires tenta de se relever. Brakka posa sa botte sur son poignet, sans appuyer assez fort pour le briser.
« Qui t’a engagé? » demanda-t-elle.
« Je ne sais pas. On nous a payés par un intermédiaire. »
« Où devait-on remettre les cartes? » demanda Zaelyra.
Le mercenaire se tut.
Kethra s’approcha, encore tremblante. « Il ne dira rien tant que vous le traiterez comme un prisonnier. »
« Et comment le traiter? » demanda Rhylor.
« Comme quelqu’un qui a déjà accepté un prix. Faites-lui comprendre qu’il peut encore choisir ce qu’il vend. »
Brakka écarta sa botte. « Tu veux que je le paie? »
« Non. Je veux qu’il sache que le prochain intermédiaire pourrait ne pas tenir sa parole. »
Il regarda autour d’eux. La cour se vidait. Les mercenaires reculaient, privés de chef et de l’effet de surprise. La porte extérieure était ouverte, mais au-delà du canyon, d’autres lanternes s’allumaient.
« Ils reviendront », dit Brakka.
« Oui », répondit Zaelyra.
Elle ne chercha pas à prétendre le contraire. « Combien de personnes restent? »
« Vingt-trois, si personne ne s’est caché. »
« Et combien peuvent marcher? »
« Dix-sept. »
« Alors nous ne partons pas encore. »
Rhylor resserra le bandage autour de son bras. « Tu veux tenir le relais? »
« Je veux leur donner le temps de choisir leur route. »
À l’autre bout de la cour, Kethra s’était relevée. Elle ne regardait personne.
Zaelyra ramassa la boîte de Tazri. Les cartes y étaient intactes. Sur la plus ancienne, une route se poursuivait au-delà du canyon, jusqu’à une porte dessinée à l’encre rouge.
Le relais n’était pas le terme du voyage. C’était le premier endroit où ils pouvaient décider ensemble de la suite.