« Je ne sais pas. Le bois a séché, mais il a aussi été salé. »
Ils n’ouvrirent pas davantage la pièce. Ilda fit passer une tige dans l’entrebâillement et vérifia qu’aucun obstacle ne la bloquait. L’air y circulait, faible mais régulier. Nym mesura la pression. Le passage n’était pas noyé, mais un bruit d’eau persistait au-delà.
« Nous devons voir jusqu’où va le corridor », dit Zaelyra.
« Non », répondit Ilda. « Vous devez me rapporter ce que vous savez. Moi, je déciderai si nos gardiens l’explorent. »
Zaelyra se retint de répliquer. L’accord ne leur donnait qu’un droit d’observation limité. Elle n’avait pas le droit d’en faire une permission plus large parce que la découverte l’intéressait.
Kethra fixait encore les trois traits.
« Si elle est passée ici, tu voudras continuer », dit Zaelyra.
« Oui. »
« Même si Ilda dit non? »
Kethra hésita. « Je ne sais pas ce que je ferai. »
« Dis-le avant de décider. »
« Je viens de le faire. »
« Bien. »
Ilda ramena la porte contre son cadre, sans la verrouiller. Elle fit un relevé de la chambre, puis demanda aux visiteurs de décrire ce qu’ils avaient vu. Nym donna les mesures d’air, Rhylor les traces et Zaelyra l’emplacement du corridor. Kethra, elle, décrivit les trois marques et l’habitude de Saira, en précisant qu’elle pouvait se tromper.
Ilda consigna chaque témoignage sur une tablette de cire. « Ce sera assez pour demander au conseil une inspection, pas assez pour ouvrir la chambre. »
« Et la route vers l’ouest? » demanda Zaelyra.
« Elle passe par la prochaine galerie, si elle n’a pas cédé. La porte y est bloquée de l’autre côté. »
« Qui l’a bloquée? »
« Personne ne le sait. »
« Tu veux qu’on vérifie? »
« Non. Je veux que vous reveniez avec ce que vous savez déjà. »
La réponse déçut Kethra. Elle se détourna de la porte.