« Moi, je crois que la route existait avant la Maison. »
Elle posa sur la carte une petite araignée d’argent, l’insigne qu’elle portait depuis le temple. Puis elle l’enleva.
« Si mes soldats voient ceci dans la cour, ils comprendront que ma mission a changé. Je ne pourrai pas les retenir longtemps. »
« Pourquoi es-tu venue? »
« Parce que je ne voulais pas que l’ordre soit donné par quelqu’un d’autre. »
Un sifflet retentit sur la crête. Le chef de patrouille appelait Vhaelyn à repartir.
Elle remit son insigne dans sa manche. « La prochaine fois que tu me verras, je serai peut-être obligée de jouer mon rôle jusqu’au bout. »
« Et la prochaine fois, je saurai qu’il y a peut-être une autre phrase derrière la première. »
Vhaelyn eut un sourire sans joie. « Apprends à les entendre sans décider qu’elles disent ce que tu veux. »
Elle ressortit. Sur la crête, elle ordonna à sa patrouille de tenir la route nord. Les mercenaires tournèrent leurs arbalètes vers les drows de la Maison.
Pour la première fois depuis leur fuite, Zaelyra vit les insignes Xil’Nrae protéger le relais au lieu de le menacer.
Une fois la patrouille remontée sur la crête, le garde qui avait marché sans lanterne resta quelques instants en arrière. Il regarda vers le relais, puis posa une pierre blanche sur le bord du chemin. Le geste pouvait signaler une route libre, ou marquer l’endroit où un tireur devait viser.
Zaelyra ne le suivit pas du regard assez longtemps pour prétendre savoir. Elle ajouta seulement la pierre à sa carte, avec l’heure et la direction de la patrouille.
« Tu vas vraiment tout noter? » demanda Brakka.
« Ce que je peux observer. »
« Même les choses qui ne te servent pas? »
« Surtout celles-là. Quelqu’un d’autre saura peut-être les lire. »
Brakka considéra la crête. « Alors écris aussi qu’un signe peut être une aide ou une menace. »