Quand les lampes furent réduites à leur plus faible lueur, Zaelyra s’assit près de la carte. Le bruit de la salle se calma peu à peu: une toux, un enfant qui murmurait dans son sommeil, le frottement d’une plume sur le parchemin.
Elle ajouta au bord du tracé: halte provisoire; départ à l’aube; route non vérifiée au-delà du coude ouest.
Puis elle laissa la ligne inachevée.
« Ce n’est pas un plan. »
« Non. C’est une décision. »
Kethra distribua les cordes et nota qui lui devait quoi. Zaelyra la laissa faire, mais fit inscrire chaque dette sur une seconde feuille, visible de tous. La négociante protesta, puis finit par rire.
« Tu viens de rendre mon métier beaucoup plus compliqué. »
« Il était déjà compliqué. »
« Maintenant, il est public. C’est pire. »
À l’entrée, Ithryl copia les cartes en plusieurs versions. Nym vérifia chacune d’elles. Tazri dessina le passage de Dhal sur la plus petite, puis la glissa dans la main de Rhylor.
« Il avait dit que vous sauriez lire les marques », murmura-t-elle.
Rhylor serra la carte. « Je les ai lues trop tard. »
« Peut-être. Mais vous êtes là. »
Au-dessus de la salle, un grondement courut dans la roche. La lumière changea, faible reflet de Narbondel, filtré par plusieurs couches de pierre. Menzoberranzan poursuivait son cycle, ignorant ceux qui venaient de quitter ses routes.
Zaelyra sortit la carte officielle de la Maison. Elle la déplia, puis la posa sur une pierre. Le tracé menait à un passage qui n’existait plus. Elle ne la brûla pas. Elle la plia et la rangea avec les autres, comme preuve de ce qu’une carte pouvait cacher.
Ithryl écrivit au dos la date approximative, le nom du scribe qui l’avait scellée et les endroits où la ligne ne correspondait plus au terrain. Il ne recopia pas le sceau de Zesstra.
« Pourquoi ne pas garder une copie complète? » demanda Zaelyra.