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LIVRE I · LES CARTES INTERDITES

CHAPITRE 46 / 62

La galerie des échardes

La route qui s’ouvrait derrière le bassin des Veilleurs n’était pas une galerie, mais une succession de conduits taillés à des époques différentes. Certains murs étaient lisses; d’autres portaient encore les traces d’outils trop petits pour les épaules de Brakka.

Ressa leur avait confié deux gardiens. L’un connaissait les premiers embranchements; l’autre n’avait jamais dépassé le deuxième. Ils avaient l’ordre de les conduire jusqu’à un ancien abri, puis de revenir au bassin avec leur rapport.

« Nous n’irons pas au-delà? » demanda Zaelyra.

« Pas sans guide de la halte suivante », répondit la gardienne, celle qui s’appelait Eri.

Veli n’était plus avec eux. Il avait rendu la plaque et était resté au bassin. Zaelyra n’avait pas eu l’occasion de lui demander s’il espérait retourner au refuge de sa sœur. Elle ne savait pas si cette absence était un choix ou une obligation.

Le chemin se rétrécit sous une rangée de pointes de pierre. Une d’elles était cassée au niveau du sol. La cassure était fraîche; des éclats reposaient encore sur la poussière.

« Quelqu’un est passé récemment », dit le garde.

« Quelqu’un ou quelque chose », corrigea Nym.

Ils vérifièrent le plafond avant d’avancer. Aucun mouvement. Les pointes avaient pu céder sous l’effet de l’humidité. Zaelyra dessina la cassure et le risque de chute, mais Eri lui demanda de ne pas marquer l’emplacement exact.

« Si quelqu’un suit la carte, il doit regarder le plafond au lieu de courir vers le point indiqué. »

Zaelyra remplaça le petit signe par un avertissement général.

Au prochain coude, ils trouvèrent un bout de corde noué à un piton. Le nœud était simple, mais l’extrémité avait été coupée net. Nym regarda la fibre. « Cette corde a été tranchée avec une lame, pas rompue par le poids. »

Rhylor examina le mur. Des marques de frottement descendaient jusqu’au sol, là où une charge aurait été traînée.

« Les cinq disparus? » demanda le garde.

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Eri ne répondit pas. Elle observa d’abord la galerie, puis le piton. « Il y a beaucoup de gens qui voyagent. Nous ne savons pas qui est passé ici. »

Zaelyra nota cette formulation. L’équipe de Ressa avait le droit de chercher les cinq, mais pas de faire de chaque trace une confirmation.

Ils atteignirent l’abri avant la fin du cycle. C’était une alcôve entre deux conduits, assez large pour six personnes. L’eau y tombait du plafond dans une auge de pierre. L’auge était propre, mais un gobelet avait été laissé près du mur.

Il était fendu en deux.

Kethra se baissa pour regarder la cassure. « Ça s’est brisé en tombant. »

« Ou quelqu’un l’a frappé », dit le garde.

« La marque part de l’intérieur. » Elle montra la glaçure ébréchée. « Il était posé sur le bord. »

« Tu sais lire les gobelets maintenant? » demanda le marchand.

« Je sais lire les objets que j’ai vendus. Celui-ci vient d’un lot des forges basses. »

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Fin du chapitre 46