Zaelyra la suivit jusqu’à la grille. Nym était assis sur un banc étroit, sa cheville entourée d’une bande propre. Son sac d’outils reposait de l’autre côté de la grille. Il ne dormait pas.
« Vous avez quelque chose à me dire? » demanda-t-il.
« Pas encore. »
« C’est une réponse de noble. »
« C’est une réponse honnête. »
Vhaelyn s’approcha de la porte. « Il a demandé ses outils. Je les lui ai refusés. »
« Je peux faire mon relevé sans lui? »
« Tu peux. Mais tu mettras plus de temps. »
« Et si la Matrone demande pourquoi? »
« Tu lui diras la vérité. Je l’ai gardé sous surveillance. »
Zaelyra observa sa sœur. « Tu vas vraiment le laisser sortir? »
« Je vais laisser la porte déverrouillée. Le reste dépendra de lui. »
Nym eut un rire sans joie. « Un privilège considérable. »
« C’est davantage que ce que les gardes t’offraient », dit Vhaelyn.
Elle ne le regardait pas comme un prisonnier ni comme un invité. Elle le regardait comme un risque dont elle avait accepté de porter une part.
« Si tu sors, tu seras recherché », dit Zaelyra.
« Je le suis déjà. »
« Et si tu restes? »
« Je serai interrogé. »
Un frottement léger courut sous la porte de l’annexe. Rhylor se retourna vers le couloir. La poussière avait été déplacée sur une ligne étroite, comme si quelque chose venait de glisser sous le seuil.
Zaelyra s’accroupit et ramassa un fil turquoise noué autour d’un éclat de pierre.
Nym se figea. « Une marque de passeur. »
« Tu connais ce nœud? » demanda Rhylor.
« Main gauche, serrage inversé. Quelqu’un veut qu’on le remarque. Ça ne veut pas dire que la route est sûre. »
« Qui l’a laissé? » demanda Zaelyra.