Orven accepta d’avancer avec un gardien et Zaelyra, mais le reste du groupe resterait caché dans la cavité. Ils suivirent la paroi jusqu’à une petite galerie en surplomb. Là, une cloche de cuivre, fendue sur le côté, était suspendue à un fil presque rompu. À chaque changement du courant, elle frappait la roche.
Personne ne l’avait fait sonner. Aucun voyageur ne les attendait.
La vieille femme poussa un souffle qu’elle retenait depuis le départ. « Je suis contente qu’on ait regardé. »
« Moi aussi », dit Zaelyra.
Ils n’emportèrent pas la cloche. Orven la détacha pour qu’elle cesse de sonner et la posa dans une niche, hors du passage. Sur la carte, Zaelyra indiqua le son, son origine probable et les conditions dans lesquelles ils l’avaient vérifiée.
« Tu as écrit “probable” », remarqua Orven.
« Nous avons vu la cloche. Nous n’avons pas vu le courant la frapper à chaque fois. »
« Tu as pourtant entendu le son au même moment que le fil vibrait. »
« C’est une bonne raison de le croire. Pas la seule explication possible. »
Orven hocha la tête. « Tu t’entendrais bien avec mon vieux maître. Il ne croyait qu’aux choses qui l’avaient déjà déçu. »
« Et toi? » demanda Rhylor.
« Je préfère être déçu tôt. »
Ils reprirent leur marche. L’incident avait coûté du temps, mais la femme avançait plus calmement. Le marchand ne parlait plus de malédiction.
À la halte suivante, ils trouvèrent un signe de trois cloches gravé sur un pilier. Orven dit que le refuge était proche. Il n’en connaissait ni le nom actuel ni le gardien.
Zaelyra dessina le pilier, puis laissa la ligne du trajet inachevée. Derrière eux, les Salines s’étaient éloignées; devant, une communauté attendait peut-être, ou un passage déserté depuis des années.
Orven fit tinter une de ses clochettes, une seule fois.
Personne ne répondit.
Il ne recommença pas.