« Je veux comprendre ce qu’elle contient. »
« Moi aussi. Mais il y a des gens, chez moi, qui attendent une mesure. »
« Je ne peux pas te promettre qu’on te laissera repartir aujourd’hui. »
« Je ne t’ai pas demandé de promettre ça. Dis-leur seulement que j’étais en route pour vérifier un courant d’air, pas pour voler leurs secrets. »
Vhaelyn croisa les bras. « Tu comprends que cette distinction ne suffira peut-être pas. »
« Je comprends. Je demande quand même qu’elle soit inscrite. » Nym remit le fil effiloché dans sa manche. « Les registres savent très bien garder les accusations. Qu’ils gardent aussi ma réponse. »
Zaelyra acquiesça. Elle ne pouvait lui rendre ni sa carte ni sa liberté, mais elle pouvait au moins ne pas laisser les gardes transformer son silence en aveu.
« Je le dirai. »
« Alors tu as quelque chose à demander à ta mère », dit Nym. « Demande-lui qui a décidé qu’une route ne devait plus figurer sur les cartes. Pas seulement qui a effacé le trait. »
La question suivit Zaelyra lorsqu’elle remonta l’escalier.
Vhaelyn conduisit Zaelyra jusqu’au couloir des cartes anciennes, sans l’accompagner jusqu’à la porte.
« Tu viens de dire qu’elle voulait me voir seule. »
« Elle le veut. Cela ne signifie pas que tu dois y aller sans savoir ce qui peut t’attendre. »
« Et qu’est-ce qui m’attend? »
« Une question dont la réponse te coûtera quelque chose. »
Zaelyra regarda les gardes postés à l’entrée. Ils ne faisaient pas semblant de ne pas écouter; ils avaient appris à écouter sans tourner la tête.
« Tu pourrais venir avec moi. »
« Je pourrais. Alors Mère parlerait de toi comme d’une enfant protégée par sa sœur. »
« Et si je préfère être protégée? »
« Tu peux le préférer. Mais il faut que tu le choisisses, pas que je le décide en prétendant te rendre service. »