Il ne se pencha pas tout de suite sur le dessin. Il demanda d’abord qui l’avait consulté, combien de temps il était resté dans la salle et si les gardes avaient touché le revers.
« Tu veux savoir si la carte a été modifiée. »
« Je veux savoir si c’est encore la même carte. Les gens changent les lignes. Parfois ils changent aussi le papier. »
Zaelyra vérifia les fibres près du pli. Une zone plus pâle marquait l’endroit où quelqu’un avait gratté l’encre, puis recouvert le parchemin d’une couche de cire.
« Tu peux retrouver l’ancien trait? »
« Peut-être. Mais si je le fais, il faut noter que nous l’avons révélé. Sinon, demain, quelqu’un croira que la ligne était visible depuis le début. »
Nym lui indiqua une manière de tenir le parchemin sous la lampe sans chauffer la cire. Le trait apparut, incomplet, puis s’interrompit au bord d’une déchirure.
« Ce n’est pas une route », dit Zaelyra.
« C’est la trace d’une route. »
Elle nota les deux formulations côte à côte. Il hocha la tête, comme s’il reconnaissait une élève qui venait de poser la bonne question sans encore savoir qu’elle l’avait fait.
« Le relais est probablement au-delà de cette gorge. Il y a une route basse, mais elle passe sous un ancien poste de péage. »
« Tu peux la retrouver? »
« Avec mes instruments, oui. Avec une carte fausse et trois gardes dans le couloir, peut-être. »
Zaelyra sortit de sa manche le fil turquoise. Nym l’examina.
« Je le prendrais pour une réponse, pas pour un appel. »
« À quoi? »
« Peut-être à un signe posé ailleurs. Quelqu’un aurait marqué la route; ce nœud dirait qu’on a vu le message. Mais je n’ai pas vu la main qui l’a fait. »
« Qui? »
« Il faudrait voir la main. »
Dans le couloir, des pas s’arrêtèrent devant la porte. Zaelyra remit le fil dans sa manche.