Zaelyra sortit une copie du relevé jusqu’au poste de la citerne. Elle y avait inscrit les embranchements vérifiés et marqué le poste lui-même, sans tracer l’accès à la halte ni la suite vers Veyr. Kethra le prit sans vérifier. Elle connaissait déjà ce tracé, ou n’avait jamais attendu autre chose.
Avant de les laisser passer, elle tendit à Zaelyra une bobine de corde fine, tressée de fibres turquoise.
« Cadeau? » demanda Zaelyra.
« Un échantillon. Si la corde casse, ne m’en parle pas. Si elle tient, tu me devras une vraie commande. »
Kethra poussa la table contre le mur pour dégager les battants. La fillette se plaça près de Sszindi; Pell reprit le coude de la blessée. Nym approcha son fil huilé de l’ouverture. Le courant tirait vers l’intérieur, mais rien ne lui permettait encore de mesurer la profondeur de l’eau plus loin.
« La porte est ouverte », dit-il. « Le chemin, lui, reste à vérifier. »
Kethra ne proposa pas de porter Sszindi. Celle-ci n’aurait pas accepté. Elle se contenta de tenir le battant pendant que le groupe passait, un par un. La fillette garda sa boîte fermée; elle regarda la clé noire sur la table, puis Kethra, mais ne tendit pas la main.
Rhylor passa le dernier. « Tu sais où nous allons. »
« Tout le monde sait où quelqu’un va. La question est de savoir qui arrivera avant lui. »
Derrière la porte, la galerie plongeait vers une nappe d’eau souterraine. La corde de Kethra paraissait solide, mais ses fibres turquoise rappelaient le fil glissé sous la porte de l’annexe.
Zaelyra noua la bobine à son sac sans la remercier.
Kethra les regarda disparaître, puis sortit de sa manche une seconde feuille, vierge en apparence. Sous la lampe, une encre pâle révéla la marque d’une araignée.
Elle plia le papier et le rangea.
Le marché était conclu. Le compte, lui, ne faisait que commencer.