LIVRE I · LES CARTES INTERDITES
CHAPITRE 53 / 62
Le chemin des pierres chaudes
La première journée derrière la porte de bronze fut la plus lente depuis Veyr. Le tunnel montait et tournait sans cesse, et la chaleur qui remontait des profondeurs rendait l’air épais. Les guides du poste avaient indiqué trois haltes possibles; deux étaient marquées d’un cercle barré.
Ysil s’arrêta devant la première. « Nous ne pouvons pas y dormir. Le plafond s’est fissuré depuis ma dernière visite. »
Le marchand montra la carte. « Elle indique pourtant une halte. »
« Elle indique qu’il y en avait une. »
« Ça devrait être écrit. »
« Ça l’est, sur la plaque que j’ai rendue au poste. »
« Et nous ne l’avons pas. »
Zaelyra nota la différence entre la plaque et la copie. Ils n’avaient jamais reçu la dernière mise à jour, seulement une carte ancienne avec les corrections orales de Ysil. Ils auraient pu reprocher à la guide de ne pas tout savoir; cela n’aurait pas réparé la carte.
Ils contournèrent la halte par un conduit étroit, assez large pour les marcheurs mais pas pour les brancards. Les porteurs durent enlever les sangles et faire passer le blessé assis sur une toile. Il ne se plaignit pas, mais son visage pâlit.
« On s’arrête », dit Zaelyra.
« On n’a pas encore passé le conduit », protesta le marchand.
« Il ne pourra pas continuer si on le pousse. »
Le groupe choisit de perdre une heure et de construire un support pour le transporter. Les deux porteurs ne suffiraient pas; trois autres voyageurs se joignirent à eux. Le marchand finit par prendre le dernier brancard, sans commentaire.
Au-delà, la galerie s’ouvrait sur un ensemble de chambres où le sol était tiède. Des cristaux ambrés couraient dans les parois. La lumière semblait venir de partout et de nulle part. Tazri, qui n’avait jamais vu une lueur aussi claire, s’arrêta au milieu du passage.
« Est-ce le jour? »
Page 1