« On peut l’ouvrir? » demanda le garde.
« Peut-être, mais pas aujourd’hui. »
« Il nous faudra pourtant cette route si le détour se ferme. »
« Alors ce sera une autre décision, avec des outils et une estimation du niveau d’eau. »
Le garde acquiesça. Il ne proposa plus de dégager les pierres lui-même.
Ils prirent la gauche. La galerie était plus étroite que ce qu’indiquait la carte, et une section du plafond obligeait les grands à avancer courbés. Le frère blessé ralentissait. Les porteurs se relayaient sans commentaire, jusqu’à ce que sa sœur partie des Salines devienne le sujet d’une plaisanterie qu’il n’apprécia pas.
Zaelyra ne prit pas parti. Elle proposa une halte et demanda au groupe s’il voulait continuer au même rythme. Les réponses furent partagées. Ils choisirent une pause plus longue plutôt qu’un pas forcé.
Pendant qu’ils se reposaient, Kethra examina le fragment de cuivre d’Ilda. Une gravure presque effacée courait le long du bord: trois traits, puis un petit angle. Elle sortit la boucle de Saira et la posa à côté. Les soudures étaient différentes, mais l’angle se répétait.
« Tu reconnais quelque chose? » demanda Zaelyra.
« Saira marquait ses outils comme ça. Pas les outils qu’elle vendait. Ceux qu’elle gardait. »
« Ce morceau vient d’une conduite des Salines. »
« Ou d’un stock utilisé par toute la communauté. »
« Tu vas lui demander à Ilda? »
« Oui. Mais pas avant de pouvoir lui montrer pourquoi je pose la question. »
Kethra rangea le cuivre. Elle ne transforma pas la similitude en preuve. Zaelyra remarqua qu’elle apprenait à attendre, même lorsque l’attente ne lui convenait pas.
Au détour suivant, Lurra leva le poing. Tout le monde s’arrêta. Un fil rouge traversait le passage à hauteur de genou, attaché à deux pitons. De petits morceaux de coquille y étaient suspendus.
« Une alarme? » demanda Rhylor.
« Ou une marque de territoire », répondit Vek. « Ne le touchez pas. »