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LIVRE I · LES CARTES INTERDITES

CHAPITRE 56 / 62

La Voûte des Forges

Les gardiens les conduisirent jusqu’à une porte de métal sombre. Contrairement aux portes des Salines, celle-ci n’avait ni verrou ni guichet. Une roue au centre commandait plusieurs barres, et des traces d’huile récente marquaient les gonds.

« Avant d’entrer », dit la première silhouette, « vous devez laisser la plaque de Ysil et annoncer ce que vous transportez. »

Zaelyra posa la plaque sur une étagère, puis nomma les armes, les vivres et les cartes. Elle ne mentionna pas le billet de Vhaelyn. Il n’était ni une arme ni une carte, mais elle le gardait sur elle.

Le gardien lui demanda si elle portait une marque de Maison.

« Oui. »

« Tu la montreras au conseil. Pas aux autres voyageurs. »

« Pourquoi? »

« Parce que certains ont des dettes envers les Maisons. D’autres les fuient. Nous ne voulons pas que l’un découvre la route de l’autre en lisant une boucle. »

La règle leur parut raisonnable. Le gardien n’exigea pas qu’elle retire son insigne; il lui proposa un étui de toile pour le couvrir dans les espaces communs.

La porte s’ouvrit sur un ensemble de salles chauffées par une forge centrale. Des cheminées conduisaient la fumée vers une fissure haute. Des marteaux résonnaient à plusieurs niveaux, accompagnés de conversations et de rires. Le métal donnait à la caverne une lueur dorée qui adoucissait les ombres.

Des enfants transportaient de petits seaux, surveillés par une apprentie forgeronne. Un vieil homme réparait des lampes près d’un bassin d’eau. Des marchands dormaient sur des bancs avec leurs bottes aux pieds. Rien n’avait l’apparence d’un refuge qui attendait des héros. C’était une communauté occupée à ne pas manquer le prochain repas.

La gardienne s’appelait Orsa. Elle fit installer le groupe dans une salle extérieure, séparée de l’atelier par un couloir. Il leur était permis d’y rester une nuit, puis de présenter leur demande au conseil de la Voûte.

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« Nous avons reçu un avis au sujet de la Maison drow », dit-elle. « Il vient du poste de basalte. »

« Que disait-il? » demanda Zaelyra.

« Que votre groupe voyage sous une convocation. Il ne demandait pas qu’on vous arrête. »

« Le messager voulait mon retour. »

« Alors il aurait dû écrire cela. »

« Il l’a peut-être fait. »

Orsa ne commenta pas. Elle fit consigner l’arrivée du groupe et invita chacun à déclarer s’il avait besoin de soins. La sœur du blessé examina sa jambe et recommanda une journée de repos. Il voulut refuser, mais les porteurs ne s’y opposèrent pas. Il finit par accepter.

Hara Denvin les rejoignit le lendemain. Elle avait envoyé un message par une chaîne de plaques et voulait savoir si leur traversée de la Tranchée s’était bien passée.

« Nous avons dû renforcer une corde », dit Zaelyra. « Le pilier a bougé. »

Hara nota le changement. « Je demanderai à Dorn d’aller voir. Il ne reprendra pas la réparation avant d’avoir un deuxième ouvrier. »

« Tu ne peux pas lui demander de partir seul? »

« Je peux. Je ne le ferai pas. »

Elle examina le relevé de Zaelyra, corrigea la hauteur d’une salle et ajouta une date au passage de la lumière naturelle. Elle refusa que la note sur la marque d’araignée soit recopiée dans le registre public.

« Pourquoi? » demanda Zaelyra.

« Parce que le symbole a été utilisé par plusieurs groupes et que certains l’associent à des histoires qui ne sont pas les nôtres. Si tu veux consigner ce que tu as vu, garde-le dans tes notes avec la provenance. »

« Tu penses au récit de Drizzt? »

« Je pense aux gens qui viennent chercher un signe avant même de savoir ce qu’il signifie. »

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Fin du chapitre 56