La marque pouvait signifier « attendez », « détour » ou simplement indiquer un point de mesure. Personne ne connaissait le code. Ils décidèrent de ne pas s’engager dans la montée sans l’interpréter.
« Nous avons entendu trois notes », dit le marchand. « Ça suffit pour dire que quelqu’un sait que nous sommes ici. »
« La marque peut avoir été tracée avant notre arrivée », répondit Zaelyra.
« La poussière dessous est intacte », dit Nym. « Elle est récente. »
« Alors quelqu’un est venu jusqu’au pilier pendant la nuit. »
« Oui. »
Orven examina le sol. Aucune empreinte ne se détachait nettement. La personne avait posé le pied sur les pierres sèches, puis était repartie par le même chemin. Elle connaissait les habitudes du refuge.
Ils envoyèrent un nouveau signal: une lumière bleue, puis trois coups espacés sur la pierre. Ensuite, ils attendirent, sans répéter.
Le premier cycle passa sans réponse. Au second, une voix s’éleva depuis la montée.
« Orven? »
Il se leva si vite que sa clochette tinta enfin.
« Qui parle? » cria-t-il.
« Celle qui t’a dit de ne pas revenir sans tes bottes. »
Il resta immobile. « Mara? »
« Tes bottes sont toujours mauvaises. »
Orven baissa la tête. Il ne riait pas, mais son visage s’était défait d’une tension que Zaelyra n’avait pas remarquée jusque-là.
Une svirfneblin apparut au premier coude, appuyée sur un bâton. Elle était plus âgée qu’Orven, les cheveux presque blancs et une bande de tissu jaune nouée autour du bras. Derrière elle se tenaient deux adolescents portant des arbalètes.
« Tu as amené beaucoup de monde », dit-elle.
« Ils demandent un passage vers l’ouest. »
« Tous? »
« Oui. »
« Alors tu as amené beaucoup de questions. »