Ilda lui montra une roue de pierre coincée entre deux piliers. « Elle commande trois conduites. Si on la ferme, nous coupons l’eau des terrasses hautes. »
« Et si vous ne le faites pas? »
« La chambre basse sera inondée. »
« Y a-t-il quelqu’un dedans? » demanda Zaelyra.
« Deux personnes », répondit le messager. « Elles cherchent l’enfant de ma sœur. »
La fillette sur la caisse se leva. « Il est avec moi. »
Le messager la regarda, puis jura doucement. Il avait couru avant de vérifier.
« Nous pouvons détourner l’eau vers la rigole de sel », dit Nym. « Mais il faut savoir si elle est dégagée. »
Ilda indiqua un passage au ras du sol, trop bas pour qu’un adulte s’y glisse sans outils.
La fillette posa le sac de graines. « Je peux regarder. »
Sa sœur la retint. « Non. »
Nym secoua la tête. « Il ne faut envoyer personne dans la rigole. »
Il demanda une corde, une tige flexible et une lampe. Avec Zaelyra, il fit glisser la tige dans le conduit, doucement, en comptant les coudes. Au troisième, elle rencontra un obstacle. Ils recommencèrent par l’autre côté. Le métal accrocha quelque chose de souple.
« Des racines? » demanda Ilda.
« Peut-être. »
La gardienne fit apporter un crochet. Nym l’attacha à la tige et tira lentement. Un paquet de toile trempée sortit de la rigole, suivi de brindilles et d’une plaque de bois.
L’eau jaillit plus fort pendant quelques secondes, puis le flot se réduisit. La roue de pierre était toujours bloquée, mais Ilda et deux habitants réussirent à la tourner d’un quart de cercle. Le conduit cessa de fuir.
Personne n’applaudit. Ils avaient empêché l’inondation, pas réparé la conduite. Une ligne de fissures courait encore dans le cuivre.
« Il faudra remplacer le joint », dit Nym. « Aujourd’hui, nous avons seulement dégagé la rigole et diminué la pression. »