Vhaelyn s’arrêta au premier palier.
Pell releva la tête. « Pourquoi ne pas continuer avec nous jusqu’au Relais? »
« Parce que si personne ne revient, ils sauront exactement où chercher. »
« Ils le sauront quand même », dit Zaelyra.
« Oui. Mais pas tout de suite. » Vhaelyn glissa une épingle d’argent dans la paume de sa sœur. « Si tu vois deux traits de craie près d’une porte, ne l’ouvre pas. Un seul trait signifie que le passage est libre. »
« Depuis quand fais-tu des marques de guide? »
« Depuis que les prêtresses ont décidé que les couloirs leur appartenaient. »
Rhylor ne commenta pas. Il examinait la serrure du palier supérieur. Un fil noir y avait été noué, presque invisible. Il le coupa avec sa dague et l’enroula autour de son doigt.
« Alerte? » demanda Zaelyra.
« Ou avertissement. Ce qui revient souvent au même. »
Ils descendirent. Au-dessous d’eux, une porte s’ouvrit, puis des bottes frappèrent les marches. Rhylor éteignit sa lampe. Tous s’immobilisèrent dans l’escalier, la main contre la pierre humide.
Vhaelyn descendit deux marches, seule, et remit ses ornements en place. Elle ne paraissait plus être une sœur qui s’enfuyait, mais une prêtresse interrompue dans son travail.
« Qui a donné l’ordre de fouiller le dépôt? » demanda-t-elle lorsque les gardes arrivèrent.
« Le capitaine de la porte ouest. »
« Il a signé une tablette? »
Le garde hésita. « Non, dame. »
« Alors vous ne fouillez pas. Vous gardez les issues et vous attendez mes instructions. »
« La Matrone a ordonné— »
« La Matrone a ordonné une inspection. Elle n’a pas ordonné que vous poursuiviez une rumeur dans les escaliers de la Maison. »
Le garde baissa les yeux vers le sceau brodé sur la manche de Vhaelyn. Elle lui tendit la tablette reçue de Zesstra, les deux empreintes intactes dans la cire. L’ordre était authentique; seule son interprétation pouvait être discutée.